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Nostalgies

Nostalgies est le titre d'une chanson écrite en 1978 par Didier Barbelivien et interprétée par Gérard Lenorman. Elle n'a pas beaucoup joué à la radio. On lui préférait La ballade des gens heureux, ainsi que d'autres mélodies romantiques du répertoire de Lenorman.

Nostalgies compte parmi les rares chansons populaires qui ont marqué ma jeunesse. À l'époque, j'étais touchée par la profondeur du texte autant que par l'interprétation engagée de Lenorman. J'écoutais souvent cette chanson; elle me stimulait, confortait ma pensée écologique et me poussait vers l'avant, vers l'espoir d'un monde meilleur.

Puis, lentement, j'ai trouvé en la peinture ma propre voie. Adieu Nostalgies... Pendant longtemps, Chopin, Beethoven, Mozart, Berlioz et tous les grands compositeurs classiques furent les seuls à meubler l'espace sonore de l'atelier.

Récemment, des amis m'ont fait réentendre Nostalgies. J'ai été émue et même bouleversée par ces retrouvailles musicales. Pourquoi? Le passage des ans n'a fait que rapprocher cette chanson prophétique des enjeux qui ébranlent le monde et la nature en 2013...

Nostalgies n’est pas une chanson démodée, au contraire, elle est devenue criante d'actualité. À vous d'en juger...

 

Gisèle Benoit

Nostalgie
Toutes les cloches des églises
Sonnent le glas de nos campagnes
Je sais que nos miroirs se brisent
Au mur du château de Versailles.

Nostalgie, nostalgie, nostalgie, nostalgie
Je suis la forêt de Senlis et tous ces chênes qu'on abat
Je suis le dernier cerf de France qu'on attend au bout d'un fusil
Tu vois, tu vois, je suis le train qui traversait les villages de montagne,
Ils ont laissé rouiller mes rails et moi, je vieillis là tout seul dans un hangar.

Je veux mourir en pyramide devant l'Égypte et ses trésors
Plutôt que vivre en Polaroïd sur une photo Technicolor.

Je pense à toi Monsieur Mermoz, la baie de Rio a bien changé tu sais
L'aventure aujourd'hui c'est autre chose
Un petit bonhomme dans une bande dessinée
Aujourd'hui les cap-horniers sont inutiles, et la Terre de Feu est en exil.

Le temps, le temps, le temps, le temps
Ça n'arrange rien le temps
Le temps, le temps, le temps, le temps
Aujourd'hui c'est demain le temps
Et dans nos villes solitaires
On est des gens ben ordinaires.

Eh, je pense à toi Don Quichotte de la Mancha
Et je cours après tes moulins à vent
Et qu'est-ce qu'on me dit, tu sais ce qu'on me dit
Que je suis fou, eh oui, que je suis fou
Comme ces hommes qui font la guerre et qui n'osent plus se battre en duel, oh non
Regarde, on n'est même plus des animaux,
On est déjà des robots, des robots, des robots.
L'amour n'existe que dans les livres
Déshabillé, tout en couleurs
Les jeunes filles en crinoline
Aimaient les oiseaux et les fleurs.

Moi, et moi je n'ai plus que la musique et des chansons pour leur parler
Je serais le dernier romantique
Avant que l'ordinateur X m'ait définitivement déprogrammé
Moi, moi si tu me donnes un arc-en-ciel
Je bâtirai des châteaux forts dans les brumes et dans les aurores
Loin du ciel bleu de l'Atlantique
Et loin, loin du gris des villes du Nord.

Ma nostalgie est différente
On n’m'a pas fait de souvenirs
Et, et je suis un enfant qui invente
Je n'ai vécu qu'en avenir.

Oh, on nous a trop souvent menti avec des chiffres
Avec des dates qui ne voulaient rien dire
Avec des rois, des empereurs, des présidents,
Des murs de Berlin et des murailles de Chine.
Les murs, les murs ne servent plus à rien les murs
Et il serait temps qu'on vous le dise
Vous parlez trop, nous avons besoin de silence!
Tout est chronométré, la vie, l'amour, la mort
On n’pourra même plus battre nos propres records
Il faudra bien les casser les chronomètres
Et vivre, vivre, vivre au rythme des saisons, s'il nous en reste.
Quand je pense qu'on nous amuse avec des satellites
Quand je pense qu'on nous amuse avec de nouvelles planètes
Alors qu'ici, ici, on bousille tout, les forêts, les océans, les rivières
On bousille tout, le cœur des hommes.
Si nos consciences pouvaient se déranger,
Eh oui, se déranger aussi souvent que nos téléphones!

Je n’veux plus croire en nos croyances
D'un Dieu pour chaque religion
S'il y en a un qui nous entend
Qu'il chante avec moi ma chanson.
Et je te parle à toi qui es dans ton bureau
Dans ton usine ou sur un tracteur
Et je chante pour les hommes du nouveau monde
Pour toi Pedro de Madrid, Gianni de Milan, Jeremy de San Francisco
Pour vous dire quoi, eh bien, pour vous dire que j'ai peur
Peur de nos avions qui vont trop vite
De ces pays que je ne rencontrerai jamais.
Oh, je n’veux plus que nos paroles soient entendues comme une langue étrangère
Non, j’ne veux plus.
Je veux que nous ayons le temps de vivre tous
Le temps de sentir le soleil qui nous brûle et le vent qui nous décoiffe
Le temps de regarder les abeilles et les écureuils
Le temps de parler à nos enfants
Le temps d'oublier la terreur, la violence, la bêtise, la bêtise.
Que les hommes redeviennent des hommes et la Terre un jardin!
Que la paix soit dans nos cœurs
Et que notre volonté soit faite!
Nostalgie

Nostalgie, planète Dieu
J'irai vers toi prendre ma place, j'irai vers toi
Nostalgie, nostalgie, nostalgie je t'aime.

Paroles : Didier Barbelivien
Musique : Gérard Lenorman

Pour écouter Nostalgies : http://www.youtube.com/watch?v=if01DtpliRQ 

Site officiel de Gérard Lenorman : http://www.gerard-lenorman.com

Paysage
 
 
Photos :
 
Excursionniste émerveillé © Monique Hébert-Langevin – SAS Nature
Paysage d'automne © Sylvain Langevin – SAS Nature

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