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À la recherche du point élevé

Ne dites pas à un artiste que ses tableaux sont beaux; dites-lui plutôt que vous avez compris leurs messages.

Ne demandez pas à l'artiste combien de temps il a mis à peindre tel tableau; dites-lui combien de minutes vous avez consacrées à le contempler.

Ne demandez pas à un artiste comment il arrive à peindre la lumière; demandez-vous pourquoi...

Ne demandez pas à un artiste qui lui a enseigné les techniques du dessin et de la peinture; demandez-vous où il les a apprises.

Ne vous étonnez pas de la valeur marchande d'une oeuvre d'art; évaluez plutôt les valeurs humaines qu'elle véhicule.

N'oubliez jamais qu'un tableau détient beaucoup de réponses; il vous suffit de le regarder, de l'interroger et d'écouter avec attention ses confidences.

 
Dessiner un jeune renard Les Carnets Sauvages

 

Peintre animalier : le plus beau métier du monde

« Le bonheur d’un homme qui sent la nature, c’est de la rendre, » disait à juste titre le peintre français Eugène Delacroix. C’est d’abord dans l’esquisse sur papier que les observations effectuées par l’artiste naturaliste attendent de naître sous une forme plus élaborée. Puis, elles revendiquent la liberté de se transformer, par le biais des émotions humaines, en un tableau dont la portée excèdera largement les limites de la toile. À l’affût des moindres faits et gestes de ses sujets sauvages, tel un pèlerin solitaire, l’artiste rencontre l’illumination loin du monde des hommes. Il remplit son carnet de croquis et revient à l’atelier, l’esprit enchanté par mille images et le cœur débordant de couleurs et de lumière.

En marge du talent et de la renommée dont il jouit, le peintre animalier demeure l’humble interprète d’un « rendu » reposant sur sa capacité initiale à sentir la vie sauvage. Avant de prétendre peindre ou dessiner animaux et oiseaux dans leur milieu naturel, il faut être sensible à qui ils sont. Il importe par-dessus tout d’être obsédé par le désir de parler d’eux, de témoigner en leur faveur, de les décrire ou de les dépeindre avec passion dans le but de partager avec autrui les émotions qu’ils nous inspirent. Le geste quasi mystique de peindre ne se résume pas à copier ou à imiter la nature avec talent : il permet en premier lieu d’exprimer, de façon personnelle et originale, un émerveillement inépuisable envers la faune et la flore. Le talent ne sert à rien sans l’amour pour le guider.

Croquis
Gigi et renard

 

Selon Charles Augustin Sainte-Beuve : « Il est un point élevé où l’art, la nature et la morale ne font qu’un et se confondent. » Comment définir ce point élevé? Je crois qu’il s’agit d’un message subliminal forgé dans le mystère de l’exécution, d’un enchantement contagieux et bénéfique secrètement dissimulé dans l’œuvre des grands artistes. Lors de la visite d’une exposition, quand nous explorons l’univers d’un peintre touché par la beauté du monde sauvage et que l’âme humaine, l’orignal, la perdrix, le lac et la forêt parlent tous d’une même voix, c’est en cet instant magique que l’art, la nature et la morale atteignent un point élevé. Il suffit de tenter l’expérience pour en obtenir la preuve…

 

Gisèle Benoit

 

Tableau :
 
Promesse d’un doux matin – Orignaux en automne 
Huile sur toile © Gisèle Benoit
 
Photos tirées des documentaires Les Carnets Sauvages et Des oiseaux pas comme les autres
©  Les Productions Raynald Benoit Inc. et SAS Nature

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